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Artist:
Melek - Tha
Title: Devilish purification Format: CD, cristal box lim ed 500 Label: ÜNE
Melek - tha a deux faces, une qui crache à un rythme effrénés des albums d'un indus bruitiste qui déchire les tympans et vient à bout de votre cœur, et une autre ma préféré qui vomit de façon régulière mais plus espacée des albums hymnes tout à la gloire des hiérarchies infernales. Ici Melek - tha conclut un pacte avec la formation Australienne Nazxul pour accoucher d'un split CD monstrueux. Les ingrédients sont connus, des samples de films, de documentaires, tous tournant autour de thèmes sombres, violents, démoniaques, le tout mis en musique sur des rythmes lourds, puissants, guerriers, qui transforment tous ces sons en danses martiales infernales, en charges belliqueuses d'armées stygiennes. Et lorsque l'atmosphère se fait plus calme, moins agitée, nul doute que nous contemplons les ruines, la dévastation laissé par les armées sus évoquées. Et lorsque la musique se fait plus rituelle, nous contemplons impuissants les rites impies perprétrés sur les dépouilles et les survivants moribonds de cette guerre du Ciel et de l'enfer. Nous nous réjouissons que Melek - tha renoue avec cette sorte d'album infernal, nous nous réjouissons également qu'il s'associe avec cette formation qui apporte en richesse et en variété dans les samples et les structures des morceaux. Certains reprochent à Melek - tha la facilité de ses titres, le peu de recherche dans ses samples, peut-être, peut-être pas, en tous cas peu de groupes parviennent à créer une telle atmosphère spécifiquement dédiée à Satan. ELEGY avril / mai 2004 On la dit moribonde; en tout cas la scène postindustrielle rituelle, martiale et gothique ne dévoile que peu de formation excitante comme ont pu l'être In Slaughter Natives ou Memorandum. Pour de tels essors charbonneux, les disques de Testuo Furudate sont encore une destination de choix. Mais en France, le groupe Melek - tha paraît comme nous précise le label, apporte sinon la réponse, au moins le prolongement de ces boucles sulfureuses. Pour les échos, la formation Australienne Nazxul a été invitée. La construction de ce split CD demande une attention particulière, chaque formation se succédant en alternance. Plutôt que le glissement d'un univers à l'autre, cette méthode demande leur confrontation incessante, peut-être jusqu'à une perméabilité permettant des moments de contagion ou que l'auditeur, gorgé de mirages sonores, se construira comme tels. Sur leurs premier morceau, les Français, empilant les couches de chaleur et les images du fourneau jusqu'à invoquer de puissants tambours brûlants, enroulés dans une danse exaltante, revendiquent une nature industrielle qui se trahit jusque dans les ellipses de boucles. Au contraire, pour les Australiens, issus du black métal, c'est la formule d'un dark ambient qui n'aurait pas été purifiés de ses scories infernales. Pour les deux, des éxalsaisons de voix alourdissent parfois le propos mais celle de Melek - tha s'évaporent plus vite et précipitent en fait les mouvements vasculaires des énormes pompes de fours titanesques. Des échos de fonderie se mélangent à des réminiscences stravinskienne, toujours happés par les vapeurs de métal en fusion. Quoi qu'il en soit, ces différentes démonstrations de force ne dépassent guère l'introduction de l'album, les morceaux suivants se déclinent plutôt sur un mode résonant, où les fréquences minimales se bossellent parfois sous les coups de sourdes pulsation souterraines. Des lumières aériennes naissent, comme crachées par ce sol abstrait dont le tour de force réside en l'aggravation de l'obscurité cette fois avec si peu d'effets déployés; Ainsi, capables des plus spectaculaires cavaleries comme celle des premiers instants, les deux formations seront surtout appréciées pour cette redéfinition du style plus aventureuse, minimalisme pratiqué sur les franges du spectre de la lumière noire. FEARDROP Août 2004 |